
Est-ce que vous connaissez cette impression lorsqu’on découvre quelque chose de nouveau, on se met soudainement à en entendre parler de tous les côtés. Un mot, une tendance, un auteur duquel on avait jusqu’alors jamais entendu parler semble soudainement être placardé partout. On se demande alors si la visibilité soudaine et accrue découle de notre prise de conscience plutôt que d’un soudain bond de popularité de la chose en question. Cette drôle d’impression qui m’assaille à l’occasion me rappelle deux choses, ce qu’on perçoit du monde peut facilement se borner à notre propre univers aussi nombriliste soit-il. Et aussi que l’ouverture d’esprit est la plus belle des qualités parce qu’elle rend tout le reste possible.
C’est donc dans cet état d’attention particulièrement aiguisée que je me trouve présentement par rapport à la question africaine. Par la vision hautaine des empires colonisateurs que je perçois très mesquine dans le cadre de mon cours d’anthropologie biologique et qui se résume à peu près à: « Les descendants de l’homme moderne viennent assurément d’Europe. Puisque nous sommes les peuples les plus évolués il est absolument impossible que nos ancêtres aient pu venir d’Afrique, cette terre primitive où vivent des êtres qu’on ne sait trop si on peut qualifier d’humain tant ils sont sauvages ». Par la tristesse du roman de Gil Courtemanche, récemment porté à l’écran et qui a fait se poser la question à son réalisateur – comme à beaucoup de monde donc moi : « Mais où est-ce que j’étais en 1994? ». Bon dans mon cas, j'avais 11 ans donc ça se pose moins mais je suis certaine que pareils drames ont cours aujourd'hui malgré ma totale ignorance
Par le ton et les paroles crues et amères des chansons dénonciatrices de Tiken Jah Fakoly
« Ils ont partagé Africa, sans nous consulter
Il s’étonnent que nous soyons désunis.
Une partie de l’empire Maldingue
Se trouva chez les Wollofs.
Une partie de l’empire Mossi,
Se trouva dans le Ghana.
Une partie de l’empire Soussou,
Se trouva dans l’empire Maldingue.
Une partie de l’empire Maldingue,
Se trouva chez les Mossi.
Ils ont partagé Africa, sans nous consulter !
Sans nous demander !
Sans nous aviser !
Ils ont partagé le monde, plus rien ne m’étonne !
Plus rien ne m’étonne !”
Plus rien ne m'étonne - Tiken Jah Fakoly
C’est d’ailleurs cet artiste qui est le plus responsable de ma récente conscientisation. Quand on parle du pouvoir des artistes de rejoindre des publics élargis le présent cas en est le parfait exemple. Il m’aura fallu un simple couplet pour comprendre l’injustice de la découpe actuelle des territoires africains qui ont sciemment scindé des empires puissants pour être davantage capable d’en contrôler les membres et empêcher leur rébellion contre la tyrannie coloniale. Et quand je repense au film Lord of War avec Nicolas Cage (2005) qui brossait le portrait des dirigeants américains qui subventionnaient le marché noir des armes dans les pays africains pour leur sous tirer un maximum de ressources par le biais des combats (on te paye en diamants, tout un bargain!) je me dis que les choses ont bien peu changé.
Bref palmarès à écouter pour aiguiser sa conscience *suggestions sont bienvenues, particulièrement ces temps-ci
Biko par Peter Gabriel
Jonathan par Renaud
Tout Tiken Jah Fakoly

2 commentaires:
J'ai oubli Wyclef:
Yele (Carnival)
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Next Generation (Preacher's son)
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