Je ne me souviens pas trop pourquoi je repensais à une certaine St-Jean-Baptiste et à un spectacle en plein air des Cowboys Fringants à Repentigny. C'est une de ces fois où l'on prend réellement conscience de la grandeur de la vie et de sa propre insignifiance. Je m'explique. Il devait y avoir environ 45 000 personnes au bas mot et peu importe où je tournais la tête, aucun, mais absolument aucun visage ne me disait quoi que ce soit. À passser une soirée complète à dévisager des centaines de personnes pour arriver sans cesse à la même conclusion, si je ne reconnais personne et que personne ne me connaît - reconnaît, dans une foule qui demeure relativement petite, imaginez la sensation que l'on éprouverait à être entouré d'une foule rassemblant l'humanité tout entière en ce dimanche soir, 21:34, heure avancée...Inimaginable. C'est une chose de concevoir que nous sommes des miliards d'humains sur cette terre mais c'en est une toute autre que d'en faire l'expérience. Dire qu'on passera notre vie entière en contact avec une fraction minime de cette humanité c'est dire à quel point notre existence est d'une certaine façon restreinte.
Dans une telle foule, on peut rapidement se sentir insignifiant, au sens propre du mot (et non par manque de confiance en soi). L'être humain a une capacité singulière à se percevoir comme le centre du monde, nous disposons chacun de notre petit univers, avec nos satellites que représentent les gens qui évoluent autour de nous. Nous avons nos cycles, nos éclipses, nos axes de rotation. D'être soudainement placé en contact avec une multitude d'univers parallèle au nôtre, nous fait prendre conscience qu'en aucun moment nous avons été le centre de quoi que ce soit. Nous ne faisons que passer nos vies en orbite les uns aux côtés des autres.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire