jeudi, avril 27, 2006

Et si la fièvre éliminatoire était contagieuse

Par un hasard de circonstances, je me suis retrouvée au Champs hier soir pour le premier match à domicile des Canadiens, édition Séries Éliminatoires 2006. N'étant pas ce qu'on peut appeler une fan, j’ai plutôt apprécié le côté social « fieldwork » de l’expérience.

Étroitement cordés sur deux étages, les supporteurs, pour la plupart revêtus de chandails ou d’accessoires aux couleurs des glorieux, étaient arrivés au moins une heure à l’avance pour profiter des sublimes commentaires d’avant-match diffusés sur les quelques dizaines d’écrans remplissant la pièce.

À mesure que l’on s’approchait de l’heure de la première mise au jeu, la fébrilité montait. Les tables se remplissaient de bières et les paquets de cigarettes se vidaient machinalement dans une tentative vaine de tromper la nervosité. Le ton de la conversation ambiante montait aussi à mesure que les minutes s’égrainaient comme pour faire compétition au volume des haut-parleurs qui semblaient déterminés à nous enterrer tous.

Vint alors l’entrée de joueurs, les lumières, la fumée, la musique. L’émouvant hymne national chanté par Grégory Charles et la foule en délire qui donnait franchement l’impression d’assister à un moment historique, mémorable et minutieusement ritualisé.

Le match a ensuite commencé et les partisans qui m’entouraient participaient à l’action et s’impliquaient comme si leurs cris et leurs manifestations avaient le pouvoir de porter leur équipe vers la victoire. J’y repense et ça me donne des frissons. C’est très puissant comme sensation, d’être au milieu d’un groupe chauffé à bloc qui tend vers le même but.

Et je me suis mise à penser, en sortant de là, que si on était capable de se mettre dans tous nos états pour un match sportif, si la passion, la fièvre et l’enthousiasme desquels j’ai été témoin pouvaient se répercuter, ne serait-ce qu’à moitié, dans certains projets de société… il y aurait un sacré potentiel de changement.

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