Après la fin de la WWII et suite à la découverte des horreurs de l’Holocauste, les Nazis subirent des procès (entre autre Eichmann) au cours desquels certains plaidèrent leur innocence en précisant qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres comme se devaient de le faire tout bon soldat.
Curieux de déterminer si tout être humain recèle du potentiel d’infliger de la douleur à son prochain dans le contexte où il en reçoit bien simplement l’ordre, Stanley Milgram, alors étudiant au doctorat en psychologie, a mis sur pied un projet de recherche susceptible de nous en apprendre davantage sur l’obéissance humaine.
Le participant entrait dans une salle où se trouvait un superviseur austère en sarrau blanc et un co-participant plutôt amical. Le superviseur expliquait alors que l’expérience portait sur le rôle de la punition dans l’apprentissage, il précisait qu’un tirage au sort allait déterminer qui serait l’élève et qui serait l’enseignant. À tout coup, le participant se retrouvait dans le rôle de l’enseignant et le co-sujet – en fait un complice payé pour simuler les réactions – prenait place de l’autre côté de la vitre dans une pièce adjacente. Le superviseur demandait alors à l’enseignant de faire apprendre une liste de mots à l’élève et, à chaque fois que ce dernier se trompait, l’enseignant devait lui infliger un choc électrique. De faible intensité au départ, le voltage augmentait graduellement, pour atteindre jusqu’à 450 volts, à mesure que l’élève faisait des erreurs. Les interrupteurs permattant d’aumgenter le voltage était étiquettés de « simple choc » à « danger : choc sévère » jusqu’à « XXX ». À partir d’un certain point, l’élève commence à exprimer sa douleur et son inconfort allant même jusqu’à vouloir arrêter l’expérience ou à préciser qu’il était cardiaque. Malgré l’inconfort apparent du sujet, la plupart des participants-enseignants continuaient à administrer les questions et les chocs. Si certains semblaient de plus en plus mal à l’aise à l’idée de la douleur qu’ils causaient, un simple encouragement du superviseur, qui les priait de continuer, suffisait à leur faire poursuivre leur tâche. En bout de ligne, c’est 65% des participants qui se sont rendus jusqu’au 450 volts. On ne parle pas de sadique ou d’individus dérangés, il s’agit d’être humains tout à fait normaux provenant des classes ouvrières, managerielles et professionnelles.

Avec des résultats aussi percutants Milgram est arrivé à prouver que les crimes les plus atroces commis dans un contexte de guerre ne sont pas le fruits d’esprits dérangé ou de monstres de cruauté. Mais encore plus, Milgram a démontré que tout être humain a en lui le potentiel de commettre des actes abjects seulement parce qu’ils lui sont demandés. Les expériences de Milgram on été reproduites dans plusieurs pays, par de nombreux chercheurs et dans des conditions variables mais les résultats pointent tous dans la même direction que les conclusions de Milgram.
"The social psychology of this century reveals a major lesson: often it is not so much the kind of person a man is as the kind of situation in which he finds himself that determines how he will act." (1974)"
Aujourd’hui, alors que son expérience et ce qu’elle a révélé de la nature humaine sont connus d’un plus vaste public, nous avons davantage conscience de cette part destructrice que nous portons en nous (Freud parle de pulsion de mort). Et bien que les expériences de Milgram soit questionnables d’un point de éthique - puisque les participants ont été profondément affectés de prendre conscience de leur propre cruauté, ce qui enfreint la règle du respect de l’intégrité mentale des participants – je continue à penser que sa démarche et ses conclusions sont magistrales.
Dans la même veine, il y a eu le Stanford Prison Experiment que le film Das Experiment a su parfaitement transposer. Le principe est un peu différent mais l’expérience démontre aussi les dynamiques psychologiques humaines dans un contexte de domination soumission. À voir absolument!
3 commentaires:
J'ai étudié Milgram en psycho. Depuis ce temp je porte attention autour de moi, et je constate souvent comment les gens qui sont sous les ordres d'une autre peuvent sombrer dans la facilité, en ne réfléchissant pas au gestes qu'il font.
Il suffit souvent de regarder au travail. La situation ne pose pas nécessairement de dilemme moral, mais la majorité des gens sous les ordres d'une autre "éteignent" leurs cerveaux..
Woah! I'm really digging the template/theme of this website. It's simple,
yet effective. A lot of times it's very hard to get that "perfect balance" between superb usability and appearance. I must say you have done a fantastic job with this. Also, the blog loads super quick for me on Opera. Exceptional Blog!
Also visit my weblog - operated
I've been browsing online more than 3 hours today, yet I never found any interesting article like yours. It's pretty worth enough for me.
In my opinion, if all webmasters and bloggers made
good content as you did, the net will be much more useful than ever before.
Visit my website: shoal
Publier un commentaire