lundi, mai 29, 2006

Vers un monde où toute danse sera désormais lascive?

J’assistais au spectacle de danse d’une copine ce week-end et j’ai été frappée par la teneur sexuelle des numéros des groupes les plus jeunes. J’ai beau ne pas vivre en autruche et avoir parfaitement conscience du contenu suggestif de la majorité des vidéos qui passent à MusiquePlus, j’ai beaucoup de difficulté à accepter que des petites filles de 10-12 ans se déhanchent en minijupes devant le regard ébahi de leurs famille et ami. Surtout quand la plupart des danseuses semblent mal à l’aise de danser dans des costumes franchement inconfortables tant ils limitent les mouvements – et comme le but de l’exercice étant de démontrer leurs acquis en danse…ça peut poser problème.

Je parle de mains qui glissent langoureusement sur tout le long du corps, de la poitrine à la mi-cuisse, de mouvements de bassins explicites réalisés à partir d’une position couchée sur le dos, de jupes soulevées sciemment pour laisser voir ses dessous. Le tout mis en scène, en toute innocence par des fillettes à l’aube de la puberté. J’étais assise dans la salle et j’entendais les gens crier et siffler et crier autour de moi et je ne pouvais faire autrement que de ressentir un profond malaise.

Si ce genre de comportement devient la norme, si on encourage et valorise les jeunes filles qui utilisent leur corps comme un outil de séduction, à un âge où elles ne comprennent même pas encore vraiment, la portée de leurs actions, que deviendront-elles à 15, 18 et 20 ans? Si la banalisation de la sexualité à un tout jeune âge, en venait à bouleverser graduellement les relations amoureuses et sexuelles… Parce que, qui dit précocité du geste, sous-entend précocité de l’action. Et de fil en aiguille, d’initiations hâtives en explorations continues, les limites, de ce qui est aujourd’hui la norme, seront progressivement repoussées. L’auteur français Michel Houellebecq aborde à plusieurs reprises ce thème de la sexualité débridée et limite insensibilisée qui caractérise la société d’aujourd’hui. Et quand j’en vois d’aussi frappantes démonstrations, je ne peux m’empêcher de penser qu’il a, en grandes parties, raison

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