
J’ai toujours l’impression que les artistes gardent en eux, une parcelle d’innocence inaltérable, et c’est d’autant plus vrai pour les artisans du cirque. Je ne sais pas trop pourquoi mais le cirque est pour moi intrinsèquement lié à l’enfance, pour sa part de magie, ses doses de rêves, sa poursuite d’étincelles intangibles.
Il y a, dans le regard franc de ses artisans, l’appel à la reddition. Renoncez à n’envisager que l’imaginable et le possible! Capitulez devant la rigueur structurée du quotidien! Renoncez à la tristesse d’une existence où la beauté magique de l’émerveillement enfantin est reléguée aux oubliettes…
Les élèves que j’ai vus sur scène semblaient tellement libres qu’ils en paraissaient aériens. Il y a dans l’incertitude de ces métiers que l’on fait réellement par passion et très souvent sans filet, une affirmation sans compromis de son unicité et de son entièreté.
Dans la théâtralité appuyée de chaque moment, j’ai perçu un cri du cœur : « Je suis moi, tel que j’ai toujours voulu être avec mes forces et mes faiblesses, à faire ce que j’aime par dessus tout .». Combien de gens de mon entourage peuvent se vanter d’être aussi fidèle aux passions et aux rêves qui les habitent?
Le cirque est indéniablement magique, et c’est parce que nous sommes fondamentalement sensibles et toujours imperceptiblement tendus vers ce petit plus, ce fol espoir de faire de nos vies ce que nous avons réellement l’impression qu’elles peuvent être, que la magie opère à chaque levée de rideaux.
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