samedi, mai 13, 2006

iPodmania

J’ai accompagné deux de mes amies dans une journée “achat et installation” d’iPod aujourd’hui et, à travers l’enthousiasme que j’éprouvais à leur faire découvrir les moindres aspects de leur nouveau joujou, je me suis rendu compte à quel point mon iPod faisait partie de plusieurs facettes de ma vie. Et en leur partageant ma banque de chansons méticuleusement dénichées un peu partout, je sentais que je leur transmettais une grande richesse. Pour l’histoire qu’il y a derrière la plupart des pièces, pour les merveilleuses découvertes que j’ai parfois pas de manière tout à faire incongrue (via un publicité ou un top 25 nicest places to take her-GQ), pour les morceaux sortis directement des boules à mites et les vestiges de mon enfance, c’est toute une ribambelle de souvenirs que j’ai gravés en mp3 sur DVD. Et la beauté de la chose, c’est que mes copines auront à leur tour à imprégner cette multitude de notes et d’airs, de sensations, de souvenirs et de significations qui leur seront propres. Une chanson peut avoir autant de personnalités nouvelles qu’il y a de gens pour l’écouter et sa transmission est un mouvement évolutif continuel.

Pas étonnant que depuis l’arrivée du iPod, de nombreuses études sociales s’y intéressent. Des réactions des soldats au combat qui perçoivent le choix aléatoire de chanson comme un signe de Dieu, qui leur montre la voie ou leur transmet un message, en passant par les gens comme vous et moi qui voient la musique comme la trame sonore de leur existence et qui se plaisent à moduler leur choix musicaux selon leurs humeurs, pour finir avec l'histoire des mineurs australiens coincés dans une mine qui ont vu leur calvaire égayé par des iPods qui leur ont été descendus au même titre que l’eau et les vivres, je crois que le iPod est en train de modifier bien subtilement notre existence.

Et si on cherchait, à travers les chansons qui parsèment notre quotidien, des directions qui nous étaient jadis fournies par, je ne sais pas moi, la religion ou les normes sociales jadis plus rigides… C’est tout à fait humain de vouloir trouver un sens à son existence. Est-ce que ce serait nécessairement inconcevable de penser pouvoir le trouver, en partie, au bout de nos écouteurs?

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