Certaines personnes ont besoin de tout mettre en mots pour parvenir à comprendre un concept, un mouvement, une situation. Ils sont atteints de ce que j'appelle un besoin excessif de verbaliser. C'est encore ce cher professeur Rousseau qui m'a fait découvrir, qu'en tant qu'universitaires en sciences sociales, nous étions tout disposés à en être atteint. Il nous racontait cette anecdote de bricoleur du dimanche qui tentait de maîtriser l'art de frapper efficacement du marteau. Il avait bien conscience que son mouvement n'était pas optimal et il tentait de décortiquer mentalement la séquence pour améliorer sa frappe quand son acolyte charpentier s'est saisi de sa main pour lui inculquer le bon mouvement. Alors là, révélation! Sans même avoir eu à ouvrir la bouche, son ami avait réussi à lui apprendre, on ne peut plus efficacement, la bonne technique pour clouer…
C’est certain que par la suite, il s’est empressé de verbaliser dans sa tête, son nouvel acquis en mille et une tournures explicatives mais cela n’a rien d’étonnant quand on connaît le personnage.
Mais ça m’a fait penser à tous ces apprentissages que l’on fait naturellement, sans trop s’en rendre compte et qui sont souvent très difficiles à transmettre autrement que par l’exemple. Et aussi à toutes ces choses qu’on ressent le besoin de mettre en paroles, sans que cela ne sorte jamais réellement comme on l’aurait voulu. Des phrases qui sortent toute croches et qui sont rapidement suivi par un « c’est pas ça que je voulais dire… », « s’est sorti de même mais je voulais plutôt dire… » ou le traditionnel « prends pas ça comme ça ».
Est-ce que les mots et les phrases sont réellement la clé du succès?
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