lundi, mai 01, 2006

Perplexité immunologique et génétique

Je lisais ce matin qu’une épidémie de choléra sévit présentement en Angola et ça m’a fait penser à une des particularités de la complexité de notre espèce. Dans mon cours d’anthropologie biologique, on a brièvement étudié des cas particuliers de résistance aux maladies et le choléra était l’une d’elles. Dans le contexte d’une épidémie de choléra, les individus qui sont hétérozygotes pour le gène de la Fibrose Kystique (c’est-à-dire qu’ils n’ont hérité qu’un seul allèle codant pour la maladie) ont plus de chance de survie que les individus homozygotes (sains et atteints). C’est que la Fibrose Kystique est une maladie qui provoque l’épaississement des muqueuses alors que le choléra entraîne la mort par déshydratation. Les individus hétérozygotes sont donc avantagés dans un milieu où sévit une épidémie de choléra parce que leurs muqueuses légèrement plus consistantes préviennent leur déshydratation. C’est d’ailleurs parce que le gène de la Fibrose Kystique confère un certain avantage évolutif, qu’il n’est pas disparu du pool génique malgré la faible capacité de reproduction des individus qui en sont porteurs. Il en va de même pour la maladie de Tay-Sachs dont les individus porteurs (hétérozygotes) résistent mieux à la tuberculose. Et en ce moment, les chercheurs se penchent sur le cas de certains européens (porteurs du gène CCR5-/-), qui semblent immunisés (ou du moins mieux protégé) contre le SIDA et dont la résistance serait peut-être en lien avec la terrible épidémie de peste noire (1347-1350).

La leçon à tirer de ce drôle concours de circonstances génétiques et immunologiques? Peut-être le corps humain est-il mieux fait qu’on est porté à le croire. Peut-être que toutes les innovations et les technologies que nous mettons au service de la santé et de l’accroissement de la longévité ne sont que de minces tentatives de rivaliser avec la nature qui fait malgré tout son chemin.

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