mercredi, juin 14, 2006

Maturité et conformisme

Les dessins d’enfants ont, durant les premières années, un caractère naïf et spontané des plus charmant. Les objets les plus farfelus surgissent de leur imagination et prennent forme sur papier selon d’impulsifs arrangements de couleurs et de formes qui se combinent en un vibrant équilibre.

Puis arrive l’âge scolaire et les sessions de bricolage et de dessin bien structurées. Les petites filles se mettent alors à dessiner la traditionnelle maison, avec les fleurs. Tout le monde dessine sa famille et on fait réaliser à chaque enfant, des lapins à Pâques, des Pères Noël dans le temps des fêtes et des citrouilles à l’Halloween. De la pluralité de visions perceptibles à la maternelle, il ne leur reste qu’une créativité formatée à la fin du primaire.

Vous est-il déjà arrivé de vous asseoir pour dessiner avec des enfants et d’avoir absolument aucune idée de ce que vous pourriez bien dessiner? Invariablement, je dessine des fleurs ou j’obtempère à la demande d’un des enfants qui veulent des animaux. J’ai grandi et ma créativité s’est conformée, limitée à ce qu’on m’avait appris. Muselée en si bas âge, ma créativité « instinctive » s’est ratatinée avec le temps – pour la sphère du dessin du moins.

Si ça s’applique pour le dessin, ça s’applique sans doute à plus large échelle et je me disais que, sans tomber dans les compétences transversales, il y avait sans doute moyen de valoriser différentes aptitudes chez les enfants…plutôt que de les formater en de méthodiques dessinateurs de plates-bandes.

3 commentaires:

Ben a dit...

Pour la même raison, on nous apprend à l'école à faire des textes "Introduction, Développement, Conclusion" de la formule "Bonjour, aujourd'hui je vais vous parler de ... . "
Ce qui fait que la majorité des textes sont insipides. Aussi, on nous apprend a faire des petites phrases Sujet Verbe Complément, et il est très interdit de jouer avec les mots, donc, personne n'a aucun style.

Lorsque j'étais au primaire/secondaire, je lisais énormément, et je m'amusais dans mes composition à faire des textes tordus, m'imposer un style artistique, ou tout simplement jouer avec le sujet. J'avais, bien entendu, des notes médiocres.

Lorsque je suis arrivé au cégep, les auteurs qui me servaient de profs était dont content d'avoir un élève qui savais s'amuser avec les mots, jouer avec les tournures de phrases..

Les peintres qui se démarquent? Picasso, Dali, Van Gogh. Tous des peintres qui ont un style, qui ne peinture pas les petites fleurs comme on l'enseigne à l'école. Les auteurs géniaux? Ils jouent avec les mots, construisent des phrases complexes.

Anonyme a dit...

IL faut aussi regarder le travail socialement accepté des artistes capitaliste. Quoi de plus rentable pour un artiste de passer par le figuratif pour vendre des toiles.

Les gens aiment avoir une représentation déjà toute faite de la réalité. Les observateurs de l'art sont paresseux créativement.

Présentez une oeuvre abstraite à un enfant et il y verra des montagnes, des fleurs, des maisons, son ami Rémi qui joue du saxophone en forme de chat qui a une queue de renard et des pates de chameau.Présentez une oeuvre abstraite à un adulte et il y verra des barbeaux, quelque chose d'incompréhensible selon ses standards social.

Ca me rappelle mon père qui me disait qu'il allait finacer mes cours d'art après avoir vue une de mes toiles abstraites.

Tout est dans la facon de regarder ! C'est un peu ce qui fait que l'art abstrait est si incroyable. On peut finalement y développer une créativité autant en tant qu'artiste, qu'observateur.

Anonyme a dit...

tres intiresno, merci