lundi, juin 05, 2006

Baccalaureate Artum


J’ai eu la chance et le privilège (d’après ce qu’on dit :o) de graduer de McGill cette année et d’être parmi les quelques 5000 diplômés de la promotion 2006 de ma très chère université. C’est d’ailleurs pourquoi, j’ai assisté jeudi dernier à la Convocation pour recevoir, de même que mes quelques 800 compatriotes d’Arts, mon précieux diplôme.

Comme la cérémonie s’étirait en longueur, je me suis mise à réfléchir à la symbolique de tout ça. Les discours, les bons mots, les accoutrements et les hymnes en latin et j’ai une fois de plus constaté que l’être humain carbure aux symboles. Parmi les phrases qui ont été prononcé durant la célébration et qui sont des figures de proue de ce genre d’événement notons: « la fierté du travail accompli », « la reconnaissance de ses pairs », « l’importance de bien représenter McGill à travers notre parcours futurs », « la croissance individuelle et collective », « le future qui nous sourit de toutes ses dents », « le devoir de redonner puisque nous avons beaucoup reçu », « la poursuite d’excellence ». J’entendais tout cela et j’avais l’impression – qu’à travers ma consommation de romans et de films, j’avais déjà vécu ce moment. Bien sûre celui-là m’appartenait plus que les autres, mais je ne m’en sentais pas moins spectatrice et ce même si je leadais la procession d’étudiant (merci à mon nom de famille capricieux). À travers les discours, du doyen, de la rectrice, du représentant des diplômés, je me sentais prise par la main dans le « revisite » de mon parcours à McGill. Des phrases comme « …the ideas that sparks here… » m’ont fait monté les larmes aux yeux parce que cette université à vraiment été un point tournant dans mon appréciation de la connaissance et en partie l’instigatrice de ma quête insatiable de savoir.

C’est grâce aux merveilleux enseignants que j’y ai côtoyé que j’ai pris la mesure de la richesse que représentaient les livres, ce qu’ils contiennent et l’énorme pouvoir qu’ils peuvent avoir sur nos vies. J’ai éprouvé un plaisir inégalé à argumenter, à présenter mes idées, à voir se déployer des raisonnements et s’ébaucher des théories dans les multiples salles de cours qui furent le théâtre de mon évolution intellectuelle et personnelle.

J’y ai aussi appris la désillusion et me suis émue devant l’amertume de professeurs d’expérience dont les conclusions me laissaient entrevoir, un monde où le nivellement par le bas et la loi du moindre effort semblaient aspirer à régner en roi et maître.

Mais plus encore que tout ce que j’y ai appris et vécu, je quitte McGill avec la nette impression que cette université m’aura permis de devenir un peu plus, la personne que j’aspire à être et c’est définitivement cela, le plus précieux des diplômes.

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