Je suis revenue hier soir d'un voyage d'affaire éclair à Boston. Je n'ai même pas été partie 48 heures mais j'ai eu l'impression étrange d'avoir été partie deux semaines. Ça m'a fait me demander si les aéroports n'avaient pas se drôle d'effet de fausser notre percetion temporelle. L'attente inévitable, les protocoles d'enregistrement, de douanes, de débarquement et d'embarquement sont autant de composantes contribuant à nous faire perdre la notion du temps. À l'extérieur de nos repères habituels, on se retrouve dans un espèce de twilight zone plutôt flou. Et si l'on rajoute à cela, les changements de fuseaux horaires, le décalage et la perpétuelle reconversion (pas de le cas de Boston mais vous saisissez le principe)"y est quelle heure chez nous?" on en vient rapidement à être complètement perdu.
Ce qui m'a ensuite amené à réfléchir sur ce temps si précieux pour nous occidentaux. Nos existences sont à ce point règlées au quart de tour qu'on arrive difficilement à penser qu'il n'en est pas ainsi depuis le début des temps. Il y avait une époque où l'on dormait quand l'envie nous prenait, où l'on chassait quand on avait faim, cueillant aussi des baies et ça et là si notre fringale était plus superficielle et où l'on passait la plus grande partie de son temps à se divertir, créer, innover.
Notre espèce est issue de cette espèce qui, bien que considérée comme moins efficace et moins "évoluée", disposait de plus de temps de loisir que ce dont nous pouvons rêver. On n'arrête pas de développer de nouveaux outils pour devenir plus efficaces et réduire ainsi notre charge de travail, mais en bout de ligne on fait tout le contraire. On utilise ces technologies pour en faire plus en moins de temps, devenant un peu plus chaque jour ces bourreaux de travail que personne parmi nous ne souhaite réellement devenir.
Mais en bout de ligne, ça continue comme c'est parti, parce qu'on ne fait jamais rien pour qu'il en soit autrement.
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