jeudi, juin 29, 2006

Morosité florale


J'ai cueilli des fleurs avant de partir de la maison ce matin, question d'assembler un beau bouquet pour agrémenter la cuisine du bureau. Le temps du trajet et d'un arrêt pour ok de presse, mes belles sauvages étaient à l'artique de la mort, molles, fannées et à la veille de rendre leur dernier souffle.

Retrospectivement, j'ai trouvé mes actions bien futiles. Pourquoi arracher les fleurs à leur milieu naturel pour les faire faire les belles pour un instant seulement, sur une table dans un bureau...

Y a des fois où je me trouve barbare!

mardi, juin 27, 2006

Twilight zone aéroportuaire et réflexions sur le caractère mélioratif de notre évolution

Je suis revenue hier soir d'un voyage d'affaire éclair à Boston. Je n'ai même pas été partie 48 heures mais j'ai eu l'impression étrange d'avoir été partie deux semaines. Ça m'a fait me demander si les aéroports n'avaient pas se drôle d'effet de fausser notre percetion temporelle. L'attente inévitable, les protocoles d'enregistrement, de douanes, de débarquement et d'embarquement sont autant de composantes contribuant à nous faire perdre la notion du temps. À l'extérieur de nos repères habituels, on se retrouve dans un espèce de twilight zone plutôt flou. Et si l'on rajoute à cela, les changements de fuseaux horaires, le décalage et la perpétuelle reconversion (pas de le cas de Boston mais vous saisissez le principe)"y est quelle heure chez nous?" on en vient rapidement à être complètement perdu.

Ce qui m'a ensuite amené à réfléchir sur ce temps si précieux pour nous occidentaux. Nos existences sont à ce point règlées au quart de tour qu'on arrive difficilement à penser qu'il n'en est pas ainsi depuis le début des temps. Il y avait une époque où l'on dormait quand l'envie nous prenait, où l'on chassait quand on avait faim, cueillant aussi des baies et ça et là si notre fringale était plus superficielle et où l'on passait la plus grande partie de son temps à se divertir, créer, innover.

Notre espèce est issue de cette espèce qui, bien que considérée comme moins efficace et moins "évoluée", disposait de plus de temps de loisir que ce dont nous pouvons rêver. On n'arrête pas de développer de nouveaux outils pour devenir plus efficaces et réduire ainsi notre charge de travail, mais en bout de ligne on fait tout le contraire. On utilise ces technologies pour en faire plus en moins de temps, devenant un peu plus chaque jour ces bourreaux de travail que personne parmi nous ne souhaite réellement devenir.

Mais en bout de ligne, ça continue comme c'est parti, parce qu'on ne fait jamais rien pour qu'il en soit autrement.

vendredi, juin 23, 2006

Ondée urbaine



Sans vouloir tomber dans les clichés. Se faire surprendre par la pluie, un orage démentiel qui plus est, et décider de continuer à marcher en sachant très bien qu'on va être totalement trempé. Sentir ses vêtements coller à sa peau, ses cheveux se plaquer contre son crâne et s'en ficher éperdument. Rire parce qu'on perçoit l'incontestable magie du moment.

Il y a de ces petits moments qui donne tellement raison à Arhtur H de chanter "Pourquoi la vie est si belle?".

jeudi, juin 22, 2006

(parenthèse)

Le Petit Robert définit la parenthèse comme une « insertion dans le cadre d’une phrase, d’un élément, qui a la différence de l’incise, interrompt la construction syntaxique.» ou encore comme une « phrase ou épisode accessoire d’un discours, une digression. ».

Je me suis demandé comment un signe typographique avait pu donner naissance à toute une « méta sémantique » de la digression. On parle d’ouvrir une parenthèse qui se refermera assurément dans le cas d’une amourette de passage. On qualifie de parenthèse, nos quelques écarts qui nous ont tenu à distance du droit chemin que l’on s’est tracé. On parle donc de parenthèses courtes et de parenthèse longues, de parenthèses qui commencent où d’autres finissent, les parenthèses que l’on ouvre avec l’intention de les refermer, d’autres qui restent ouvertes sans que l’on sache trop pourquoi.

Mais la vraie question réside dans le pourquoi de notre besoin d’interrompre la construction syntaxique…

Quitter le nid

Alors que ma soeur, mon frère et moi nous apprêtons tous à partir en appartement, j’ai assisté ce week-end avec ma mère, à la première et définitive envolée d'oisillons matures.

En voyant les petites bêtes, pas encore remplumées et chancelant sur leurs petites pattes, tenter maladroitement de prendre leur envol définitive – parce que chez les oiseaux, quand on quitte le nid, on n’y revient plus jamais- ma mère et moi avons eu la même pensée : « Quitter le nid prend une toute autre dimension dans le monde animal! »

En espérant que celui qui s’est coincé la patte dans une de nos chaises de lecture, pour ensuite se débattre comme un forcené s’infligeant de sanglantes blessures et réduisant considérablement ses chances de survie, ne soit pas un présage de ce qui nous attend :o)

lundi, juin 19, 2006

Ces hommes en costards flash

L’un en bleu royal, l’autre en mauve et monsieur H vêtu d’un chatoyant pantalon style brocart et de la veste assortie – et ce malgré la chaleur moite de cette dernière soirée des Francopholies - ont vraiment donné tout un show. Outre la superbe poésie de ses textes c’est le charisme artistique de ses musiciens, qui y sont allés de solos inspirés à la contrebasse et à la guitare électrique à plusieurs moments du spectacle, qui m’a charmé. Arthur h est aussi un merveilleux spécimen sur scène à la fois viril et sensible (pour reprendre l’expression d’Isabelle), très énergique et langoureux. Sa complicité avec ses musiciens, notamment le bassiste/contrebassiste Jérôme pour la pièce « Est-ce que tu aimes? », est indéniable et très rassembleuse. Après moult rappels et des duo avec Lhassa et Ariane Moffatt, il a conclu la soirée avec « Confessions nocturnes » ma pièce préférée, celle-là même qui m’a mis en tête l’idée de me trouver une robe rouge...

jeudi, juin 15, 2006

Des souris et des hommes

Un ami m’avait suggéré de lire « Qui a piqué mon fromage? » une petite fable humaniste sur l’adaptation au changement. Bien que ce ne soit pas les pistes de réflexion qui manquent dans ce récit, un des aspect de l’histoire m’a particulièrement interpellé puisqu’il traitait de notre capacité (même s’il conviendrait plutôt de parler d’incapacité) à se représenter le futur, autrement qu’en tant que continuité du présent.

Il est difficile d’imaginer un demain, complètement différent d’hier. Même lorsque certains désirs et certaines envies nous animent, il est très rare que nous nous donnions la latitude d’explorer, même en esprit, les possibilités qui découleraient du simple fait d’accepter d’y donner libre cours.

Sommes-nous à ce point superstitieux au point de penser qu’une simple représentation mentale de choses que l’on souhaite, risque d’amenuiser les chances qu’elles auraient de se produire réellement? Ou croyons-nous plutôt qu’à partir de moment où l’on laisse ses désirs prendre mentalement forme, le risque s’accroît de ne plus parvenir à les refouler? Nous entraînant par la suite dans une quête déchirante et irréversible, de faire de demain, autre chose que la suite logique d’hier…

mercredi, juin 14, 2006

Maturité et conformisme

Les dessins d’enfants ont, durant les premières années, un caractère naïf et spontané des plus charmant. Les objets les plus farfelus surgissent de leur imagination et prennent forme sur papier selon d’impulsifs arrangements de couleurs et de formes qui se combinent en un vibrant équilibre.

Puis arrive l’âge scolaire et les sessions de bricolage et de dessin bien structurées. Les petites filles se mettent alors à dessiner la traditionnelle maison, avec les fleurs. Tout le monde dessine sa famille et on fait réaliser à chaque enfant, des lapins à Pâques, des Pères Noël dans le temps des fêtes et des citrouilles à l’Halloween. De la pluralité de visions perceptibles à la maternelle, il ne leur reste qu’une créativité formatée à la fin du primaire.

Vous est-il déjà arrivé de vous asseoir pour dessiner avec des enfants et d’avoir absolument aucune idée de ce que vous pourriez bien dessiner? Invariablement, je dessine des fleurs ou j’obtempère à la demande d’un des enfants qui veulent des animaux. J’ai grandi et ma créativité s’est conformée, limitée à ce qu’on m’avait appris. Muselée en si bas âge, ma créativité « instinctive » s’est ratatinée avec le temps – pour la sphère du dessin du moins.

Si ça s’applique pour le dessin, ça s’applique sans doute à plus large échelle et je me disais que, sans tomber dans les compétences transversales, il y avait sans doute moyen de valoriser différentes aptitudes chez les enfants…plutôt que de les formater en de méthodiques dessinateurs de plates-bandes.

mardi, juin 13, 2006

Deux par deux rassemblés



C'est dans le triangle de l'Afar, plus précisément à Laetoli que le site de la première famille fut découvert. Outre la quinzaine d’individus retrouvés là, ce sont les empreintes de pas, laissées dans la cendre volcanique et laissant présager deux individus marchant côte à côte, qui ont alimenté les spéculations à savoir s’il s’agissait d’une espèce plus évoluée (ou plus près de l’humain moderne). La logique voulant que la vie de couple et par le fait même, la vie sociale qu’elle sous-entend soit la preuve de capacités mentales supérieures.



Cette métaphore des pas m’avait paru particulièrement poétique et je me suis rendu compte que c’était en fait un thème récurant dans plusieurs chansons, notamment celles de Cali :

« Je crois que je ne t'aime plus.
Je te regarde et je ne vois rien.
Tes pas ne laissent plus de traces
A coté des miens.»
(Il y a une question)

"Je saurais caler mon pas sur le tien"
(Fais de moi ce que tu veux)


Et dans l’Actualité ce mois-ci, on parlait de ce réflexe que nous avons tous d’être sur nos gardes à l’approche d’un autre être humain. Notre cerveau réagit différemment à l’approche d’une voiture ou d’un animal et il « s’affole » systématiquement quand il enregistre l’approche d’un de nos semblables. Le bruit des pas humains auraient donc cet effet tout particulier, de réveiller en nous des craintes ancestrales.


Quel est donc le pouvoir évocateur du pas?

vendredi, juin 09, 2006

Les femmes changent, les soap demeurent...

Mon dernier post sur bollywood et les séries B aura alimenté la réflexion d’une personne de mon entourage qui a fait le parallèle avec les soap opera. Ça m’a rappelé un cours de sociologie Television in Society et un article de Tania Modleski (1990) « The Search of Tomorrow in Today’s Soap Operas ». On lève souvent le nez sur ce genre d’émission mais j’ai toujours cru qu’il était très intéressant de se pencher sur les motivations de ceux qui les écoutent pour bien comprendre ce que cela leur apporter.

Les soap opera sont répétitifs et leur rythme est toujours lent pour mieux accommoder la femme au foyer qui accomplit souvent d’autres tâches en même temps qu’elle visionne un épisode. Dans ce genre d’émission l’emphase est mise sur la connexion émotionnelle, d’où le pourquoi il a souvent des gros plans sur les visages. L’auditrice se transpose dans le rôle de la « good mother » qui considère tous les personnages comme ses enfants. Elle aime chacun d’eux à sa manière et tente de les comprendre et de les pardonner. L’empathie que la femme est capable d’éprouver pour des personnages fictifs est la même qu’elle doit quotidiennement mettre à profit pour gérer les besoins souvent conflictuels des membres de sa famille.

On caricature souvent les soap opera par leur absence de dénouement ou le perpétuel renouvellement des crises. Il est très rare que des évènements concrets surviennent pour faire avancer l’intrigue qui finit par être une éternelle renégociation de l’ordre social - transposition plutôt juste du quotidien redondant des femmes au foyer (pas nécessairement celles d’aujourd’hui mais des 20 dernières années) qui aspire à la perfection familiale en rêvant d’un monde meilleur qui ne concrétise jamais vraiment.

Dans tout bon soap opera, il y a aussi la « vilainess », la femme méchante qu’on se plait à haïr. Il s’agit la plupart du temps d’une femme qui utilise les faiblesses féminines (grossesse, maladie) pour les tourner à son avantage. Et c’est particulièrement dans cette utilisation pas-vraiment-socialement-acceptable de sa féminité, que la vilainess permet à l’auditrice (par procuration) de détenir un pouvoir et d’exercer un contrôle qui lui fait quotidiennement défaut.

Finalement, le format fragmenté des soap opera valide l’existence morcelée qui est le lot quotidien de ces femmes et mères qui doivent s’oublier la plupart du temps pour répondre aux besoins de leur mari et enfants.

L’article datant de plus de 16 ans, la réalité des femmes d’aujourd’hui n’est certainement plus la même, mais je trouve pertinent d’extrapoler sur ce qui, à travers tout ça, est encore aujourd’hui fondé…

jeudi, juin 08, 2006

Bollywood


Ce que je croyais être à la base, un jeu de mot rigolo, s’est finalement révélée être une florissante industrie culturelle qui fait même l’objet d’un séminaire d’anthropologie donné par Pr. Leavitt, ANT3875: Langues et cultures de l'Asie du Sud. Bollywood est donc le pendant Indien (ou plus globalement sud-est asiatique) du célèbre Hollywood, dont les industries musicales et cinématographiques n’ont rien à envier à leur célèbre prête-nom.

Pour ceux que ça intéresse, voici un site fort complet traitant de la question: http://www.bollywoodworld.com/

Et meme si cela peut sembler kitsch par moment, on risqué tout de meme d’y prendre gout, un peu comme pour les films de série B, qu’on écoute sans trop s’expliquer pourquoi.

mardi, juin 06, 2006

Pouvoir de rêve

Je me souviens avoir lu quelque part que les rêves nous permettaient de « revivre » dans une dimension fantasque, des évènements s’étant déroulés environ deux semaines plus tôt. C’est le temps qu’il faut à notre esprit pour digérer les différentes composantes de l’événement en question pour ensuite les codifier en symboles qui nous seront resservis en rêve.

"Pour Freud, le rêve représente une sorte de satisfaction symbolique et déguisée des désirs refoulés du rêveur, une voie royale par laquelle l'inconscient arrive à s'exprimer." (Tavrism & Wade 1999, 150)


C’est l’ampleur de ce délai entre l’action et son traitement subconscient qui me laisse perplexe parce que je n’ai pas l’impression de ruminer outre mesure sur la question – ce que mon cerveau doit néanmoins faire dans l’intervalle.

Et lorsqu’au matin, je me souviens du contenu de mon rêve, je me mets à me demander ce qu’il peut bien vouloir dire. À la lumière de cette récurrence, je questionne l’importance même de l’épisode à sa source, allant parfois jusqu’à en amplifier sa signifiance. Cela n’a rien d’étonnant dans la mesure où l’être humain a besoin d’être cohérent et de sentir une progression logique de ses pensées, de ses attitudes et de ses actions. Au même titre qu’on réinterprète tous nos souvenirs en fonction de la personne que l’on est devenue (et cela sans même s’en rendre compte), notre désir de congruence nous pousse à chercher un sens univoque à nos, une ligne directrice entre les expériences du quotidien et les interprétations conscientes et subconscientes qu’on en fait.

lundi, juin 05, 2006

Baccalaureate Artum


J’ai eu la chance et le privilège (d’après ce qu’on dit :o) de graduer de McGill cette année et d’être parmi les quelques 5000 diplômés de la promotion 2006 de ma très chère université. C’est d’ailleurs pourquoi, j’ai assisté jeudi dernier à la Convocation pour recevoir, de même que mes quelques 800 compatriotes d’Arts, mon précieux diplôme.

Comme la cérémonie s’étirait en longueur, je me suis mise à réfléchir à la symbolique de tout ça. Les discours, les bons mots, les accoutrements et les hymnes en latin et j’ai une fois de plus constaté que l’être humain carbure aux symboles. Parmi les phrases qui ont été prononcé durant la célébration et qui sont des figures de proue de ce genre d’événement notons: « la fierté du travail accompli », « la reconnaissance de ses pairs », « l’importance de bien représenter McGill à travers notre parcours futurs », « la croissance individuelle et collective », « le future qui nous sourit de toutes ses dents », « le devoir de redonner puisque nous avons beaucoup reçu », « la poursuite d’excellence ». J’entendais tout cela et j’avais l’impression – qu’à travers ma consommation de romans et de films, j’avais déjà vécu ce moment. Bien sûre celui-là m’appartenait plus que les autres, mais je ne m’en sentais pas moins spectatrice et ce même si je leadais la procession d’étudiant (merci à mon nom de famille capricieux). À travers les discours, du doyen, de la rectrice, du représentant des diplômés, je me sentais prise par la main dans le « revisite » de mon parcours à McGill. Des phrases comme « …the ideas that sparks here… » m’ont fait monté les larmes aux yeux parce que cette université à vraiment été un point tournant dans mon appréciation de la connaissance et en partie l’instigatrice de ma quête insatiable de savoir.

C’est grâce aux merveilleux enseignants que j’y ai côtoyé que j’ai pris la mesure de la richesse que représentaient les livres, ce qu’ils contiennent et l’énorme pouvoir qu’ils peuvent avoir sur nos vies. J’ai éprouvé un plaisir inégalé à argumenter, à présenter mes idées, à voir se déployer des raisonnements et s’ébaucher des théories dans les multiples salles de cours qui furent le théâtre de mon évolution intellectuelle et personnelle.

J’y ai aussi appris la désillusion et me suis émue devant l’amertume de professeurs d’expérience dont les conclusions me laissaient entrevoir, un monde où le nivellement par le bas et la loi du moindre effort semblaient aspirer à régner en roi et maître.

Mais plus encore que tout ce que j’y ai appris et vécu, je quitte McGill avec la nette impression que cette université m’aura permis de devenir un peu plus, la personne que j’aspire à être et c’est définitivement cela, le plus précieux des diplômes.

jeudi, juin 01, 2006

Routine, quand tu nous tiens...

Pratiquement vitale lorsque l’on est enfant - lever systématique à 6 :00, dîner à midi, souper à 17 :30, Passe-Partout, bain et dodo. Le tout entrecoupé de collation qui se suivent et se ressemblent et de comptines et de jeux répétés ad nauseum - la routine redondante perd un peu de son attrait avec le temps puisqu’elle nous fait désormais penser à notre propre version du Jour de la marmotte, plutôt qu’à ces doux rituels sécurisants qui structuraient notre enfance.

À quel moment la routine devient-elle oppressante? Vaut-il mieux que certains gestes de notre quotidien soit exécutés sur le pilot automatique, pratiquement toujours à la même heure, de la même façon, dans le même état d’esprit absent ou vagabondant? Et j’en viens aussi à me demander quel est l’avantage à se mettre sur le pilot automatique? Quand je me brosse les dents, je le fait machinalement et je me suis rendue compte que ce faisant, je ne pensais à absolument rien. Le pilot automatique embarque et mon esprit tombe en dormance.

En poursuivant ce raisonnement, j’ai émis l’hypothèse selon laquelle, plus notre vie est routinière et plus on en vit chaque minute sans se poser de question, ni trop réfléchir à ce qu’on est en train de faire. On peut perdre graduellement de vue le pourquoi de nos actions et on se met à poser les mêmes gestes chaque jour, simplement parce qu’on les a posé hier, et avant-hier et avant-avant-hier.

L’être humain tente d’utiliser optimalement son énergie et il va de soi que la répétition d’actions dont le résultat est prévisible et convenable est beaucoup plus productif que la réinvention quotidienne de la roue…

Mais la routine m’horripile, je n’y peux rien!