
* Je n’ai pas d’enfants et suis encore loin de penser à en avoir, mais je me permets de m’exprimer sur a question. Quand on regarde cette photo, on peut avoir une idée de mes prédispositions *
Aujourd’hui, j’ai l’impression que les parents sont rendus les défenseurs aveugles de l’image qu’ils se projettent de leurs enfants qui, en réalité, sont bien souvent de toutes autres personnes. Des armés de parents plus furieux les uns que les autres montent aux barricades pour un oui, pour un non, poussés par une culpabilité plombé. À ne jamais être là pour ses enfants, on finit par oublier de les élever et comme ils sont nos enfants, on ne peut admettre qu’ils ne soient pas parfaits, malgré l’énormité des preuves qu’on reçoit chaque jour au visage. Déjà, cette situation de dissonance est en elle-même assez insupportable, alors quant à ça vient s’ajouter, la critique extérieur, c’est plus qu’il n’en faut pour faire sauter le bunker familiale. On aurait beau les avoir abreuvé d’injures et leur avoir précisément reproché tout ce qu’autrui leur reproche aussi, dès que le tir ne vient pas de notre camp, le vent tourne.
Du sergent tortionnaire on passe au chef d’état major défenseur de la veuve et de l’orphelin. Toutes les causes se valent pour autant qu’on soit là pour faire valoir l’innocence de nos « petits » innocents, leur vulnérabilité et leur ABSOLU droit de vivre comme ils l’entendent. Toute reproche faite à la chair de sa chair devient une reproche déguisée qui remet en question notre qualité de parents. Et à cette époque où toute le monde veut être parfait et où seules les comparaisons font tourner l’économie, il va de soir qu’on ne peut accepter sans broncher d’être remis qualitativement en question et ce, à quelque titre que cela soit.
Bien loin de moi l’idée de souhaiter un retour des anciennes méthodes, mais je ne suis pas sans reconnaître qu’elles avaient du bon. Quand à l’école les maîtresse étaient respectées comme les premières dames et que leurs élèves les vénéraient comme sont aujourd’hui adulés les vedettes du pop, la dynamique scolaire de même que l’ensemble du processus éducationnel avaient de bien plus solides bases. Quand aujourd’hui, un enfant de 10 ans, se permet de juger l’apparence physique de son professeur, de remettre en question son autorité, de lui tenir tête et voir même de s’en prendre physiquement à elle, on peut s’inquiéter à la perspective de bâtir une vie entière sur des fondations si chancelantes et parfois même pourries. Je ne crois pas que les maîtresses d’école aient tant changé, bien sûre, il y a eu les syndicats, les réformes et les nouvelles méthodes d’enseignement. L’eau a coulé sous les ponts, mais je ne crois pas que cette profession ait perdu sa noblesse. De vouloir éduquer les enfants des autres quand on voit à quel point ils ont eux-mêmes du mal à en venir à bout, c’est quasiment canonisable. Les parents par contre ont bien changé. Il y a 50 ans, mauvaises notes et mauvaises conduites étaient synonymes de punitions et de privations. Allez bien comprendre qu’en tant qu’étudiante en sciences sociales, j’ai bien conscience de l’aspect limitatif et peu constructif de la punition. Toutefois, ici ce n’est pas au contenu, mais plutôt à la forme qu’il faut s’intéresser Quand la loi de l’école étaient renforcée par la loi de la maison, il y avait bien moins de place pour les contrevenants. De nos jours, les règles de l’école sont sujets de plaisanteries à la maison alors ils ne faut pas s’étonner du nombre croissant de contrevenants qui n’ont aucune difficulté à se tailler une place entre l’autorité parentale et l’autorité scolaire, désormais aussi éloignées que les deux pôles.
J'ai toujours pensé un jour avoir des enfants, une fois la trentaine amorcée, je commencerai à y penser, mais dernièrement avec tout ce qu'on entend dans les médias, je commence à penser qu'avoir des enfants est la chose la plus difficile au monde. Le pire c'est la culpabilité et l'impression de ne jamais être à la hauteur...Aujourd'hui je me demande si je serai un jour prête à vivre ça.
D'un point de vue évolutif, quel futur attend une race qui alimente chaque jour un discours de plus en plus efficace dans sa capacité à décourager même les plus motivés à assurer la continuité de l'espèce?




