vendredi, avril 04, 2008

Neige :1 / Jogger: 0


4 avril et il tombe encore de gros flocons mouillés (je fais dans l'euphémisme pour mon public rated-G parce que les mots que j'emploie dans ma tête sont beaucoup moins sympa). Dans une envie irrésistible de rétorquer bien vainement à mère nature, j'ai enfilé mes running, un coupe-vent, des lunettes pour me protéger de l'agressivité de la neige qui tombait si dru et je suis partie sillonner les rues de la ville au petit trot...Mauvaise idée. La prémisse de départ était pourtant intéressante, faire un pied-de-nez aux conditionnements métrologiques et m'adonner à mes activités comme si c'était réellement le printemps. C'était sans compter le vent, les flocons qui givraient et buaient mes lunettes au point que j'ai du renoncer à les porter et à cligner des yeux pour le reste du parcours. Encore chanceux que je n'avais pas mis de mascara aujourd'hui sinon j'aurais semblé sortir tout droit d'un film d'horreur avec mon dessus de crâne enneigé et englaçonné et mes yeux dégoulinants... Je n'avais jamais été aussi trempée et je suis une adepte de la course sous la neige et sous la pluie qui en a vu bien d'autre..La neige du printemps a une propriété aquatique phénoménale un peu comme si chaque flocons qui touchait le sol devenait une petite marre de sloche à lui tout seul. À la quantité qui est tombée aujourd'hui, on imagine facilement le résultat. Amenez-nous des canards!

Tout ça pour dire qu'en m'entêtant à finir ma course, j'ai songé à notre impuissance face à la nature, si puissamment illustré ici. Même si tout le monde est écoeuré, même si ça pourrait donner un résultat référendaire unanime si on faisait une question sur l'arrêt de la neige, même si on hurle ou si on envoie des plaintes...ça nous dépasse. On a tellement l'habitude de pouvoir tout contrôler, d'arriver grâce à nos contacts ou à nos moyens à contourner les désagréments les plus courants, face à une tempête, tous les hommes sont égaux. Les badauds marchent têtes baissées et les automobilistes aspergent sans considération les pauvres piétons qui ont déjà les bas complètement imbibés.

Ô comme l'été semble paradisiaque vu d'ici.

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