Il y a de ces matins où l'on se réveille plus tôt que prévu - même si on s'est couché très tard et qu'on devrait être claqué - et on n'arrive pas à se réendormir tant on se sent vivant, plein d'énergie et limite euphorique. On se lève alors, marchant sur la pointe des pieds dans la maison endormie. On regarde le soleil qui éclabousse paisiblement certains recoins inusités et on a une irrésistible envie de sourire. On se fait tranquillement à déjeuner, goûtant le paix simple de l'instant, le bruit des couverts qui s'entrechoquent, la fraîcheur de l'air de la fin août qui coule silencieusement des fenêtres entrouvertes. On respire profondément et on sourit encore.
Je marchais pour me rendre au bureau et je ne pouvais m'empêcher de sourire. La lumière était si belle, à travers les feuillages encore bien verts des arbres qui n'ont pas encore capitulé devant l'automne. Le soleil était radieux. L'air "crisp". Tout ça me donnait une folle envie de faire des tours sur moi-même, pour le simple plaisir de goûter l'instant.
J'essayais de comprendre pourquoi je me sentais ainsi et j'en ai conclu que c'était une question d'inclinaison de l'axe de rotation de la terre ;o)
Façon égoïste d'amorcer un dialogue constructif avec un interlocuteur fictif qui aime les oeufs à la coque. Hommage à peine voilé à Frédéric Beigbeder pour cette superbe vérité:"Les plus grandes fêtes sont celles qui ont lieu à l'intérieur de nous."
mercredi, août 30, 2006
lundi, août 21, 2006
Petit con, petite conne

Mon frère et moi, on se surnomme affectueusement « petit con » et « petite conne ». Outre le fait de choquer les gens à l’aéroport quand il m’interpelle spontanément d’un « petite conne » raisonnant, on a pris goût à s’apostropher de la sorte pour des raisons multiples et décousues. Un peu à cause de la chanson éponyme de Renaud, un peu par admiration pour le personnage d’Andrea, du bref roman Hell, qui se considère comme un petit con assumé, lucide et déterminé à vivre sa vie envers et contre toutes les règles et contraintes qui régissent l’existence. Et puis on a un raisonnement un peu bidon qui nous incite à penser que si « petit con » est péjoratif pour tout le monde, il sera mélioratif entre nous. En m’appelant « petite conne », il entame un dialogue d’initié avec un code de départ, un primer qui délimite les initiés des non-initiés.
Je me dis qu’il y a de nombreuses occasions dans la vie où l’on fait appel à des surnoms pour des raisons plus ou moins semblables. On s’appelle mon chéri, mon cœur, mon poulet pour créer une bulle d’intimité, qui exclut les autres. Mon cousin de 6 ans surnomme son ami « son pot » pour mieux exprimer leurs liens d’amitié privilégiés. Il est intéressant de remarquer que la plupart de ses surnoms sont généralement précédés d’un pronom possessif : « mon amour », « ma colombe », « mon petit homme ». L’amour est attachement, physique et littéraire.
La chanson « Les mots d’amour » de Bénabar a ça de rafraîchissant qu’elle dénonce les formules toutes faites :
« Miauler " Je t'aime " tout le monde peut l' faire, c'est comme Amen C'est pas très dur. Pour dire " bonne nuit " chaque soir, là, faut vraiment y croire”
Comme quoi, il vaut parfois mieux être une “petite conne”.
mardi, août 15, 2006
Matière à réflexion 1984esque
Il m'arrive souvent de m'arrêter sur des passages ou des formulations qui m'interpellent particulièrement au fil de mes diverses lectures. En entamant ma lecture de 1984 de Georges Orwell, je me suis sentie particulièrement apostrophée par :
"Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même."
Mais dans quelle mesure le sont-elle? En a-t-on conscience avant même de poser le geste? Si oui, le motivent-elles? Si non, prennent-elles la forme de vagues impressions qui se confirment avec le temps? Est-ce dire qu’à partir du moment où l’on commet un acte, le domino de ses répercussions est déjà immuablement en progression?
Est-ce que les conséquences peuvent avoir préséance sur l’acte, réduisant ce dernier à une simple formalité permettant la mise en marche d’un schème plus grand?
Une chose est certaine, tant que nous disposons de la liberté de poser un geste, qu’il soit l’objectif en lui-même ou l’outil de plus larges dessins, on résiste à l’aliénation.
"Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même."
Mais dans quelle mesure le sont-elle? En a-t-on conscience avant même de poser le geste? Si oui, le motivent-elles? Si non, prennent-elles la forme de vagues impressions qui se confirment avec le temps? Est-ce dire qu’à partir du moment où l’on commet un acte, le domino de ses répercussions est déjà immuablement en progression?
Est-ce que les conséquences peuvent avoir préséance sur l’acte, réduisant ce dernier à une simple formalité permettant la mise en marche d’un schème plus grand?
Une chose est certaine, tant que nous disposons de la liberté de poser un geste, qu’il soit l’objectif en lui-même ou l’outil de plus larges dessins, on résiste à l’aliénation.
mardi, août 08, 2006
Priorités d’autodéfinition
Vous êtes-vous déjà demandé ce qui vous définit? Par quels traits, votre personnalité vous permet-elle de vous démarquer de ce qui vous entoure? Quels sont les rôles cruciaux qui font de vous ce que vous êtes?
La plupart des réponses à ces questions vont à ce point de soi qu’on parvient difficilement à en faire consciemment la liste. Moi, je suis fondamentalement étudiante, exemplaire dans mon rôle d’aînée, responsable en tant que grande sœur, professionnellement fiable, compréhensive envers mes amis, disponible pour ma famille. Ce sont ces images de moi que me renvoie mon entourage et comme tout le monde, j’ai fini par les intérioriser comme étant mes caractéristiques fondamentales. Pourtant j’ai l’impression de me retrouver davantage dans mes nuances que dans mes lignes directrices, comme si les subtilités, en étant la part des choses le moins susceptible d’être influencée par les autres, étaient ce qui me représentait le mieux à mes yeux.
Entre le moi idéal et le moi réel, on doit lutter chaque jour pour demeurer congruent, réconcilier la réalité avec nos aspirations, réinterpréter nos désirs pour ne pas avoir l’impression que la grande majorité sont plus souvent qu’autrement brimés.
La plupart des réponses à ces questions vont à ce point de soi qu’on parvient difficilement à en faire consciemment la liste. Moi, je suis fondamentalement étudiante, exemplaire dans mon rôle d’aînée, responsable en tant que grande sœur, professionnellement fiable, compréhensive envers mes amis, disponible pour ma famille. Ce sont ces images de moi que me renvoie mon entourage et comme tout le monde, j’ai fini par les intérioriser comme étant mes caractéristiques fondamentales. Pourtant j’ai l’impression de me retrouver davantage dans mes nuances que dans mes lignes directrices, comme si les subtilités, en étant la part des choses le moins susceptible d’être influencée par les autres, étaient ce qui me représentait le mieux à mes yeux.
Entre le moi idéal et le moi réel, on doit lutter chaque jour pour demeurer congruent, réconcilier la réalité avec nos aspirations, réinterpréter nos désirs pour ne pas avoir l’impression que la grande majorité sont plus souvent qu’autrement brimés.
lundi, août 07, 2006
Hyperactivité invisible
Je ne sais pas trop ce qui est pire, cette perpétuelle impression que tout mon être fonctionne à 200 à l’heure ou ce sentiment intenable d’attendre quelque chose qui tarde à venir. La nuit, je roule dans mon lit, incapable de trouver le sommeil, assaillie par les ombres d’angoisses difficiles à cerner. Durant le jour, j’abats le travail sans que jamais ne s’ensuive de gratification réparatrice.
J’ai comme cette impression de purgatoire, de période transitoire. Suspendue dans l’espace temps, j’ai l’impression qu’aucun de mes gestes ne parvient à me sortir de cette léthargie énergétivore et syncopée.
J’ai comme cette impression de purgatoire, de période transitoire. Suspendue dans l’espace temps, j’ai l’impression qu’aucun de mes gestes ne parvient à me sortir de cette léthargie énergétivore et syncopée.
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