lundi, octobre 09, 2006

À quand une photo par satellite de notre patrimoine génétique?

Je dis souvent à la blague que si je n'avais pas poursuivi mes études en anthropologie, je serais sans doute devenue épidémiologiste. Fascination pour les virus, les mutations, la propagation. D'un autre côté, je travaille en pub...champ métaphoriquement rapproché.

Quoi qu'il en soit c'est mon petit scientifo-freak qui s'est délecté de la dernière émission de Découverte sur l'épigénétique. Il y était question de l'influence de l'environnement sur les phénomènes épigénétiques - qui sont des genres d'interrupteurs - qui activent ou inhibent certains gènes dans le cas de maladies génétiques et qui sont parfois observables sur plusieurs générations de descendants.

Ils donnaient l'exemple d'une corrélation entre les épisodes de famines ayant touché les grands-parents et les décès liés au diabète des petits-enfants ou encore la corrélation entre la taille plus petite de l'enfant à naître d'une mère qui aurait subi la famine durant sa puberté, et qui aurait donc un canal obstétrique plus étroit. Un peu comme si la mère parvenait à transmettre de l'information à son foetus pour favoriser sa survie.

Des chercheurs américains ont exposé des souris enceintes à des pesticides et des fongicides pour constater une fréquence beaucoup plus élevée que chez le groupe témoin, de tumeurs et autres affectations, qu'elles ont toutes transmis (activation des interrupteurs) à plus de 85% à leurs descendants, qui les ont ensuite transmis à plus de 85% à leurs propres descendants, faisant de l'exposition de leur "arrière-grand-mère"à ces toxines, un facteur déterminant de la santé de plusieurs générations à venir.

Un des chercheurs a conclu magnifiquement le reportage en faisant allusion à ces premières photos de la planète terre à avoir été rendues publiques. De voir cette "petite" planète toute colorée et si fragile sur un fond d'une si infinie immensité, a grandement contribué à la conscientisation environnementale et les gens se sont non seulement mis à se considérer comme citoyens de la terre, mais ils ont entrepris des actions concrètes pour protéger les ressources des populations futures.

Peut-être qu'une fois que les gens verront l'impact des phénomènes épigénétiques, ils en arriveront à se considérer davantage comme les gardiens de leur génome pour les générations à venir...

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