Je me considère à la base comme déjà trop lucide et sous cet angle, je dois admettre que mes séminaires d'anthropologie ne font rien pour aider... Depuis le début de la session dans le cours de Pr. Lanoue, on parle d'états nations et de l'émergence d'histoires nationales qui ne sont rien d'autres qu'un mécanisme de contrôle.
Pourquoi l'histoire est-elle si importante? Pr. Lanoue posait la question et tout le monde semblait se rabattre sur son sens commun pour préciser que l'histoire avait fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui, qu'elle était à la base de notre identité...et bla bla bla. Mais dans le fond, l'histoire de ma nation n'a absolument aucun impact sur mon quotidien.
L'histoire n'a aucun rôle apparent. Mais voilà que les gouvernements de par le monde investissent considérablement dans l'éducation pour que tous leurs citoyens de demain "maîtrisent" l'histoire nationale - et quelques fois internationale (mais là c'est beaucoup en demander : )...pourquoi?
L'histoire lie entre eux, des individus qui n'ont pas nécessairement autre chose en commun. En proposant un modèle "absolument" rationnel de l'histoire de la nation, l'état se saisit du contrôle du temps et justifie le statut quo... le fait que les choses sont aujourd'hui telles qu'elles sont.
Une histoire nationale, pour invalider les mémoires individuelles.
L'histoire est aussi basée sur l'oubli. Et même lorsque des faits historiques sont réfutés ou demystifiés (comme ce cher Dollar qui aurait bravement prévenu de l'arrivée des Iroquois, alors que la version originale voudrait qu'il ait tiré par mégarde et sans vraie motivation dans un baril de poudre à cause d'un état d'ivresse avancé), on continue de les considérer comme réels. Les autochtones s'insurgent contre notre version de la découverte de l'Amérique, avançant qu'ils y étaient bien avant nous...on leur ajouter deux, trois pages dans nos manuels d'histoire et basta...prochain appel?
Les questions et les tentatives de réponses qui émergent de ces séminaires ont un effet des plus bouleversants sur ma vision du monde. Tellement de choses que l'on prend pour acquis sont "debunkés", tellement de certitudes rassurantes s'écroulent et tant de justifications apaisantes foutent le camp, c'est déstabilisant, surtout lorsqu'en parallèle, la vie continue à suivre son cours normal.
Peut-on savoir et continuer à vivre comme si on ne savait pas?
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