"Il y a longtemps que l'homme a cessé de se borner à vivre et qu'il s'est mis à penser à la vie. Il a élaboré, à partir de tous les phénomènes qui contribuent à la vie, une idée de la vie."
Hocart
Façon égoïste d'amorcer un dialogue constructif avec un interlocuteur fictif qui aime les oeufs à la coque. Hommage à peine voilé à Frédéric Beigbeder pour cette superbe vérité:"Les plus grandes fêtes sont celles qui ont lieu à l'intérieur de nous."
mardi, septembre 26, 2006
lundi, septembre 18, 2006
Perspective anthropologique du bonheur

Je parlais avec un copain qui me racontait la solennité ressentie lors de la visite archéologique d’une grotte. « On pouvait voir l’endroit où ils faisaient leur feu et j’ai ressenti à quel point, la famille qui y avait vécu avait été heureuse. » J’ai tout de suite trouvé drôle qu’on prête de tels sentiments intangibles à des êtres vivants pour lesquels la survie quotidienne était la priorité primordiale. La notion même du bonheur est inétudiable. Il faudrait d’abord convenir d’une définition pour laquelle je suis certaine, il serait loin d’avoir un consensus. Et ensuite tenter de trouver des artéfacts, matériels ou oralement transmis, appuyant la thèse de l’existence d’un bonheur quelconque. Ce loin d’être une mince affaire.
Ce même ami me disait que nos ancêtres, avec leurs besoins et leurs désirs limités au strict minimum ne pouvaient qu’avoir été plus heureux que nous. Quand rester en vie est l’ultime défi journalier, le bonheur doit effectivement prendre des formes que l’on considérerait aujourd’hui anodines.
Si on pousse plus loin ce raisonnement et qu’on s’imagine, sous la loupe des anthropologues du futur, disséqués exactement comme le sont aujourd’hui nos propres ascendants, on peut juste se demander s’ils en concluront comme l’a fait mon ami, que les humains du 21e siècle avaient sans doute été très heureux.
Qu’est-ce que le bonheur aujourd’hui? Que sera le bonheur demain?
Est-ce que le bonheur peut vraiment laisser des traces?
dimanche, septembre 17, 2006
Réconcilier l’irréconciliable
On essaie tant de bien que de mal d’être des individus congruents. On se fixe des objectifs, on vit selon des principes directeurs, on fait des sacrifices et on tente, du mieux que l’on peut, de devenir ce que l’on sait pouvoir être. Ce qui est loin d’être chose aisée. Entre ce que l’on voudrait être, ce qu’on est réellement pour soi-même, ce qu’on est pour les autres et ce qu’on pourra devenir, il y a mille et une bonnes raisons de se perdre en route.
Et puis il y a de quoi devenir complètement dingue.
Je n’ai pas l’impression que l’être humain est fait pour exécuter linéairement le programme de son existence mais plutôt pour rebondir, dériver, s’entrechoquer, se compromettre, se perdre, se retrouver et se réinventer…mais on se le permet rarement.
On devrait se permettre d’être par moments, complètement contradictoire. Lire tour à tour Le Devoir et le People. Déjeuner aux Fruits Loops et souper d’Osso Bucco. S’amuser autant dans un bar crado que dans un 5 à 7 branché. Écouter des films de répertoire mais Occupation Double. Enchaîner backpacking en Europe et tout inclus dans le sud. Acheter du café bio mais des vêtements fait en Chine. Être tout blanc ou tout noir en fonction de l’impulsion du moment.
J’ai l’impression de vivre dans un monde de purs et durs, où la rigidité des idéaux existentiels empêche toute spontanéité. La plupart des individus préférant renoncer à des parts entières d’eux-mêmes plutôt que de dévier de la « voie sacrée ». Si certains « guidelines » permettent de traverser le quotidien sans avoir à se poser trop de questions, il faut seulement faire attention de ne pas devenir obtus.
Détester méthodiquement certaines choses par principe. Refuser catégoriquement d’en envisager d’autres par dégoût. S’éructer disproportionnellement contre des trucs inoffensifs. Et lever le nez sur d’autres par convictions que sa position est tellement supérieure sont des attitudes qui nous mèneront directement à l’aile # 10.
J’ai toujours considéré l’ouverture d’esprit comme la plus importante des qualités, parce qu’elle en permet naturellement une foule d’autres.
Donc, la prochaine fois que vous vous trouverez au cœur d’une discussion qui semble à prime abord exaspérante, prenez une grande respiration, mettez votre cerveau en mode « ouverture » et tentez de voir les choses autrement.
Rafraîchissement garanti.
Et puis il y a de quoi devenir complètement dingue.
Je n’ai pas l’impression que l’être humain est fait pour exécuter linéairement le programme de son existence mais plutôt pour rebondir, dériver, s’entrechoquer, se compromettre, se perdre, se retrouver et se réinventer…mais on se le permet rarement.
On devrait se permettre d’être par moments, complètement contradictoire. Lire tour à tour Le Devoir et le People. Déjeuner aux Fruits Loops et souper d’Osso Bucco. S’amuser autant dans un bar crado que dans un 5 à 7 branché. Écouter des films de répertoire mais Occupation Double. Enchaîner backpacking en Europe et tout inclus dans le sud. Acheter du café bio mais des vêtements fait en Chine. Être tout blanc ou tout noir en fonction de l’impulsion du moment.
J’ai l’impression de vivre dans un monde de purs et durs, où la rigidité des idéaux existentiels empêche toute spontanéité. La plupart des individus préférant renoncer à des parts entières d’eux-mêmes plutôt que de dévier de la « voie sacrée ». Si certains « guidelines » permettent de traverser le quotidien sans avoir à se poser trop de questions, il faut seulement faire attention de ne pas devenir obtus.
Détester méthodiquement certaines choses par principe. Refuser catégoriquement d’en envisager d’autres par dégoût. S’éructer disproportionnellement contre des trucs inoffensifs. Et lever le nez sur d’autres par convictions que sa position est tellement supérieure sont des attitudes qui nous mèneront directement à l’aile # 10.
J’ai toujours considéré l’ouverture d’esprit comme la plus importante des qualités, parce qu’elle en permet naturellement une foule d’autres.
Donc, la prochaine fois que vous vous trouverez au cœur d’une discussion qui semble à prime abord exaspérante, prenez une grande respiration, mettez votre cerveau en mode « ouverture » et tentez de voir les choses autrement.
Rafraîchissement garanti.
mardi, septembre 12, 2006
Et j'ai pensé à l'Halloween
Quelques fois, on n'est à ce point obnibulé par certains aspects de nos vies, que l'on perd le contact avec le temps qui passe autour de nous. On a beau s'habiller chaque matin en fonction de la température fluctuante, reprendre le cours d'activités saisonnières, célébrer des dates charnières, le temps est comme arrêté et tout notre être est en suspens.
Et puis un déclic se produit et on se rend compte que les feuilles changent graduellement de couleur. L'air s'est refroidi - même si le matin-même on en avait pas encore conscience - et on se met à penser aux tricots de laine et à l'Halloween, même si on n'a plus du tout l'âge du trick or threat.
Je trouve particulièrement merveilleuse cette capacité humaine à se soustraire temporairement à l'espace temps... pour vivre, le temps d'un instant, dans une bulle d'intangible.
Et puis un jour de septembre, sur le coup de 13:00 on reprend brusquement pied dans la réalité et l'automne s'installe spontanément.
On rentre chez soi en frisonnant.
Et puis un déclic se produit et on se rend compte que les feuilles changent graduellement de couleur. L'air s'est refroidi - même si le matin-même on en avait pas encore conscience - et on se met à penser aux tricots de laine et à l'Halloween, même si on n'a plus du tout l'âge du trick or threat.
Je trouve particulièrement merveilleuse cette capacité humaine à se soustraire temporairement à l'espace temps... pour vivre, le temps d'un instant, dans une bulle d'intangible.
Et puis un jour de septembre, sur le coup de 13:00 on reprend brusquement pied dans la réalité et l'automne s'installe spontanément.
On rentre chez soi en frisonnant.
vendredi, septembre 08, 2006
Immersion artistique
Je viens de passer 24 heures d'immersion artistique, entrecoupée bien sûre, de la réalité de tous les jours qui n'arrive jamais vraiment à éclipser la magie des instants passés à côtoyer des artistes. Outre la fraîcheur, l’innocence et la profondeur qu’on leur reconnaît toujours, ce à quoi je goûte tout particulièrement, c’est l’intensité, le non-compromis, l’ardeur, l’à l’enverstisme de leur vision du monde qui me fait un bien fou et m’encourage à entretenir la petite part artistique de moi-même qui est bien trop souvent étouffée par les conventions du monde mercantile et bassement aliénant dans lequel je vis chaque jour.
On dit souvent que le monde ne semble pas fait pour eux, le quotidien, pas taillé à leur mesure sans jamais avancer l’hypothèse que le monde n’est peut-être pas taillé à la mesure de qui que ce soit et que les artistes sont peut-être les seuls à assumer ouvertement cette aberration, ce non-sens.
Qu’ils soient peintre, sculpteur, comédien ou tout simplement tourmenté, les côtoyer me fait un bien fou et j’encourage fortement toute personne désireuse d’améliorer son sort, de prendre le temps, pour une soirée, d’ouvrir une, deux, trois bonnes bouteilles pour mieux se laisser porter par les discussions créatives et toujours éclairantes des artistes d’aujourd’hui.
On dit souvent que le monde ne semble pas fait pour eux, le quotidien, pas taillé à leur mesure sans jamais avancer l’hypothèse que le monde n’est peut-être pas taillé à la mesure de qui que ce soit et que les artistes sont peut-être les seuls à assumer ouvertement cette aberration, ce non-sens.
Qu’ils soient peintre, sculpteur, comédien ou tout simplement tourmenté, les côtoyer me fait un bien fou et j’encourage fortement toute personne désireuse d’améliorer son sort, de prendre le temps, pour une soirée, d’ouvrir une, deux, trois bonnes bouteilles pour mieux se laisser porter par les discussions créatives et toujours éclairantes des artistes d’aujourd’hui.
mercredi, septembre 06, 2006
Galanterie masculine (bis) et aspirations romanesques
Je me rends compte à quel point j’apprécie les petits gestes de galanterie qui parsèment mon quotidien ou qui me sont rapportés informellement par mon entourage. J’ai un petit sourire en coin, chaque fois qu’on me tient une porte en m’invitant d’un subtil mouvement de la tête, à passer la première. J’aime qu’on me cède la meilleure place au théâtre ou au cinéma et surtout qu’on insiste gentiment mais fermement si je refuse. J’aime qu’une main se pose délicatement sur moi pour me prévenir ou me maintenir à distance d’un « danger . J’aime qu’on me porte mes sacs de courses ou qu’on s’assure que j’ai toujours entre les mains, la consommation dont j’ai besoin dans les « social gathering ». Je trouve adorable qu’on prenne le temps de me conseiller un met ou un livre en bonne connaissance de cause de mes goûts, parce qu’on est sûre que ça me plaira. J’adore recevoir des fleurs et je trouve franchement que les filles de nos jours n’en reçoivent pas assez. Bon c’est sûre que ça fane et que c’est plutôt futile mais le geste, qui sous-tend la matérialisation du bouquet, est ce qui le rend si ensoleillant.
Une copine me racontait l’autre fois que son amoureux s’était levé à 5 :00 du matin pour aller régler un dégât d’eau à son appart à elle et qu’il avait pris la peine, sur le chemin du retour, de ramasser des croissants, du café et le journal pour lui faire la surprise à son retour. Elle me dit : « ça y est dis moi que je dois le marier… ». Ce même amoureux a aussi fait des pieds et des mains, lors d’un voyage d’affaires, pour dénicher sa pointure (sœur ressource ultime à l’autre bout du fil) pour mieux lui ramener de superbes talons hauts de designer minutieusement choisis. Une autre fois c’était un parfum unique d’une boutique new-yorkaise.
Tout ça pour dire que, mis à part ce superbe exemple de douces petites pensées récurrentes, j’ai véritablement l’impression que le romantique se perd. La plupart des gens ne font pas d’efforts pour donner à leur existence et à leurs relations la petite touche de magie grisante et nécessaire pour faire sentir l’autre exceptionnel. J’aurais bien envie d’entendre ou de lire des histoires qui me donneraient furieusement tort, parce que j’ai besoin de croire que la vie peut être plus grandiose que cela…
Une copine me racontait l’autre fois que son amoureux s’était levé à 5 :00 du matin pour aller régler un dégât d’eau à son appart à elle et qu’il avait pris la peine, sur le chemin du retour, de ramasser des croissants, du café et le journal pour lui faire la surprise à son retour. Elle me dit : « ça y est dis moi que je dois le marier… ». Ce même amoureux a aussi fait des pieds et des mains, lors d’un voyage d’affaires, pour dénicher sa pointure (sœur ressource ultime à l’autre bout du fil) pour mieux lui ramener de superbes talons hauts de designer minutieusement choisis. Une autre fois c’était un parfum unique d’une boutique new-yorkaise.
Tout ça pour dire que, mis à part ce superbe exemple de douces petites pensées récurrentes, j’ai véritablement l’impression que le romantique se perd. La plupart des gens ne font pas d’efforts pour donner à leur existence et à leurs relations la petite touche de magie grisante et nécessaire pour faire sentir l’autre exceptionnel. J’aurais bien envie d’entendre ou de lire des histoires qui me donneraient furieusement tort, parce que j’ai besoin de croire que la vie peut être plus grandiose que cela…
mardi, septembre 05, 2006
Plaidoyer des joies d’être parents?
Étant la benjamine de l’équipe au bureau, je suis souvent témoin silencieux – par manque d’expérience pertinente - de discussions omniprésentes sur les enfants. Je lance souvent à la blague que la plupart de leurs commentaires et anecdotes ne sont pas « très vendeur ». Quand il n’est pas question de nuits de sommeil atrophiées, de réveil aux aurores ou d’activités évoluant strictement autour de la routine du petit, c’est le prix faramineux des garderies, le casse-tête de la gestion quotidienne, la douleur physique de la grossesse et de l’accouchement ou encore les listes d’attente pour les garderies, sur lesquelles vaut mieux inscrire l’enfant à naître alors qu’il est encore au stade de fœtus…
Y aurait-il quelqu’un pour faire un pitch de vente un peu plus positif?
Bon peut-être que toutes les grandes joies de la maternité et de la paternité résident dans les petits détails qui parsèment l’intimité quotidienne des familles et que c’est plutôt par désir de garder pour soi, ces petites bulles de bonheur que la plupart des gens partagent plutôt les aspects cauchemardesques avec leurs collègues de travail.
Quoiqu’il en soit, étant à la base plutôt bien disposée à l’idée d’avoir un jour des enfants moi-même, je ne me suis jamais autant remis en question que dernièrement. Je n’entends que des trucs négatifs, quand ce n’est pas totalement déprimant ce qui me fait repousser sans cesse l’âge auquel je crois que je serais prête à envisager de peut-être avoir un bébé.
Ouf, c’est pas demain la veille!
Y aurait-il quelqu’un pour faire un pitch de vente un peu plus positif?
Bon peut-être que toutes les grandes joies de la maternité et de la paternité résident dans les petits détails qui parsèment l’intimité quotidienne des familles et que c’est plutôt par désir de garder pour soi, ces petites bulles de bonheur que la plupart des gens partagent plutôt les aspects cauchemardesques avec leurs collègues de travail.
Quoiqu’il en soit, étant à la base plutôt bien disposée à l’idée d’avoir un jour des enfants moi-même, je ne me suis jamais autant remis en question que dernièrement. Je n’entends que des trucs négatifs, quand ce n’est pas totalement déprimant ce qui me fait repousser sans cesse l’âge auquel je crois que je serais prête à envisager de peut-être avoir un bébé.
Ouf, c’est pas demain la veille!
S'abonner à :
Commentaires (Atom)