En anthropologie, on apprend vite à réduire nos biais ethnocentriques - les préjugés qui font en sorte qu'on évalue tout autre culture en fonction de la sienne, en partant du principe qu'elle leur est supérieure - en appliquant un relativisme scientifique. Ce relativisme nous incite à évaluer tout comportement ou toute situation en tenant compte de son contexte culturel. Bêtement résumé le relativisme revient à ne juger chaque culture que d'après ses propres règles, empêchant par le fait même toute comparaison, puisqu'aucune culture ne fonctionnent similairement. Tout comme les stéréotypes et les préjugés, le relativisme, bien que se retrouvant au pôle opposé du spectre, aboutit à un cul de sac. Doit-on accepter l'excision sous prétexte que dans une culture donnée, cela fait partie des règles? Comment trace-t-on alors la ligne entre le relativisme et le gros bon sens humanisme. Placer l’être humain et son intégrité au dessus de tout peut sembler une piste de solution mais il faut admettre que cette vision est davantage occidentale et que bien des cultures hésiteraient à mettre la vie humain sur un piédestal…
Si on fait le parallèle maintenant avec nos vies personnelles. Si, comme il existe des cultures régies par certaines règles et cohabitant côte-à-côte, nos existences respectives étaient aussi régies par des règles qui leur sont propres, peut-on spontanément appliquer ce relativisme? Le biais ethnocentrique ou egocentrique dans ce cas s’applique tout aussi bien puisque chacun a l’impression que sa façon de faire et de vivre est mieux que celle des autres (question de congruence et de réduction de la dissonance cognitive). Arrive-t-on à simplement vivre avec les autres s’ils voient les choses autrement? Ou en vient-on à rechercher la compagnie de gens qui pensent comme nous et nous confortent?
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