La première était délicieuse. Sérieuse, mi-rieuse, songeuse et oseuse. La scénographie avec les rideaux sur rails qui permettaient de modifier les aires de jeux, les lumières rouges, les capsules vidéos du Dr. Zoubris avec la "finitude", l'éros et le thanatos (figurines sur patins). Luc Picard, Jacques l'Heureux, Muriel Dutil et Alexis Martin étaient excellents. Bien dosé, ce récit est tout droit sorti de la plume d'un urgentologue et il est dit que 97% des situations qui sont relatées dans la pièce ont réellement été vécues. C’était à la fois léger et dénonciateur et donc plutôt accessible. C’est rafraîchissant de voir un tel sujet abordé sur les planches.
Deuxième pièce de laquelle je sors à peine. Ouf! Beaucoup plus difficile à regarder. Les acteurs étaient géniaux. La mise en scène superbe. Mais le propos…quelle violence. Viols, sang, meurtres, guerres, violence gratuite, récits gores, hurlements, torture et la liste peut continuer ainsi longtemps sans que ne soit jamais offerte d’échappatoire. Le spectateur assiste à l’enchaînement des scènes, glacé d’effroi, tendu, dégoûté, défaillant et le rideau tombe (expression puisqu’il n’y avait pas de rideau à l’usine C) sans qu’aucun espoir n’ait pu faire son chemin. L’homme est un loup pour l’homme. On entend souvent ces récits de guerre, où les êtres humains finissent par devenir des monstres mais d’assister à une démonstration A + B = C m’a secoué plus que je n’aurais pensé. S’il y a la guerre un jour, je m’enfuie ou je m’enlève la vie…jamais je ne pourrais supporter le 1/20 de ce que subissent les pauvres gens qui ont le malheur de croiser la route de soldats fous – et dans un contexte de guerre, peut-on réellement être soldat, sans y laisser sa raison?
1 commentaire:
Publier un commentaire