lundi, mars 31, 2008

BVI


Le bleu est bleu
Le vert est vert
Partout autour
La pureté de l'air

dimanche, mars 30, 2008

L'importance de changer de décor

Je me souviens avoir lu quelque part, qu'il faut changer de temps en temps d’endroits où dormir, ça rend nos rêves plus intéressants. J'aime bien l'idée et je me dis que ça s'applique à plusieurs autres aspects de nos vies. Changer de cadre est souvent salutaire. L'être humain étant de nature, un animal routinier, il convient de sciemment mettre à l’épreuve sa faculté d’adaptation, en le forçant à sortir de ses patterns si réconfortants. Je nage 2-3 fois par semaine et CEPSUM et je me force à utiliser un casier différent à chaque fois. Et quand je dis je me force, c’est pas à la blague, si je ne faisais pas attention, je serais toujours à la même case, même si ça ne change absolument rien à mon expérience.

Je me force aussi à prendre toujours des mets différents quand je retourne dans des restaurants, à m’asseoir ailleurs dans l’autobus, à aller travailler dans des cafés pour me sortir de mon bureau, à changer de couleurs d’encre dans mes plumes, à m’asseoir à une place différente à chaque cours, à emprunter de nouvelles rues sur mon parcours de jogging.

Est-ce que je m’entête inutilement à faire régner ce perpétuel mouvement dans ma vie? Peut-être…

vendredi, mars 28, 2008

Mise en scène, appréciation morcelée et appréciation globale

J'ai eu une fin de semaine très théâtrale. Et quand je dis ça, je ne parle pas de ma propre vie bien que j'aie conscience que je flirte plus souvent qu'à mon tour avec la dramaturgie, les grandes envolées lyriques et les coups de théâtre. Je suis allée voir deux pièces: "Sacré Coeur" et "Blasted", respectivement à l'Espace libre et à l'Usine C.

La première était délicieuse. Sérieuse, mi-rieuse, songeuse et oseuse. La scénographie avec les rideaux sur rails qui permettaient de modifier les aires de jeux, les lumières rouges, les capsules vidéos du Dr. Zoubris avec la "finitude", l'éros et le thanatos (figurines sur patins). Luc Picard, Jacques l'Heureux, Muriel Dutil et Alexis Martin étaient excellents. Bien dosé, ce récit est tout droit sorti de la plume d'un urgentologue et il est dit que 97% des situations qui sont relatées dans la pièce ont réellement été vécues. C’était à la fois léger et dénonciateur et donc plutôt accessible. C’est rafraîchissant de voir un tel sujet abordé sur les planches.

Deuxième pièce de laquelle je sors à peine. Ouf! Beaucoup plus difficile à regarder. Les acteurs étaient géniaux. La mise en scène superbe. Mais le propos…quelle violence. Viols, sang, meurtres, guerres, violence gratuite, récits gores, hurlements, torture et la liste peut continuer ainsi longtemps sans que ne soit jamais offerte d’échappatoire. Le spectateur assiste à l’enchaînement des scènes, glacé d’effroi, tendu, dégoûté, défaillant et le rideau tombe (expression puisqu’il n’y avait pas de rideau à l’usine C) sans qu’aucun espoir n’ait pu faire son chemin. L’homme est un loup pour l’homme. On entend souvent ces récits de guerre, où les êtres humains finissent par devenir des monstres mais d’assister à une démonstration A + B = C m’a secoué plus que je n’aurais pensé. S’il y a la guerre un jour, je m’enfuie ou je m’enlève la vie…jamais je ne pourrais supporter le 1/20 de ce que subissent les pauvres gens qui ont le malheur de croiser la route de soldats fous – et dans un contexte de guerre, peut-on réellement être soldat, sans y laisser sa raison?

jeudi, mars 27, 2008

Relativisme morale

En anthropologie, on apprend vite à réduire nos biais ethnocentriques - les préjugés qui font en sorte qu'on évalue tout autre culture en fonction de la sienne, en partant du principe qu'elle leur est supérieure - en appliquant un relativisme scientifique. Ce relativisme nous incite à évaluer tout comportement ou toute situation en tenant compte de son contexte culturel. Bêtement résumé le relativisme revient à ne juger chaque culture que d'après ses propres règles, empêchant par le fait même toute comparaison, puisqu'aucune culture ne fonctionnent similairement. Tout comme les stéréotypes et les préjugés, le relativisme, bien que se retrouvant au pôle opposé du spectre, aboutit à un cul de sac. Doit-on accepter l'excision sous prétexte que dans une culture donnée, cela fait partie des règles? Comment trace-t-on alors la ligne entre le relativisme et le gros bon sens humanisme. Placer l’être humain et son intégrité au dessus de tout peut sembler une piste de solution mais il faut admettre que cette vision est davantage occidentale et que bien des cultures hésiteraient à mettre la vie humain sur un piédestal…

Si on fait le parallèle maintenant avec nos vies personnelles. Si, comme il existe des cultures régies par certaines règles et cohabitant côte-à-côte, nos existences respectives étaient aussi régies par des règles qui leur sont propres, peut-on spontanément appliquer ce relativisme? Le biais ethnocentrique ou egocentrique dans ce cas s’applique tout aussi bien puisque chacun a l’impression que sa façon de faire et de vivre est mieux que celle des autres (question de congruence et de réduction de la dissonance cognitive). Arrive-t-on à simplement vivre avec les autres s’ils voient les choses autrement? Ou en vient-on à rechercher la compagnie de gens qui pensent comme nous et nous confortent?

lundi, mars 24, 2008

Dissection de l'existence humaine

L'être humain met en moyenne 7 minutes à s'endormir. Ça fait deux fois en moins d'un mois que je tombe sur cette information et ça m'a donné envie d'en chercher d'autres du même acabit.

Un canadien typique occupe ainsi sa journée:

7.8 heures à accomplir des taches pour lesquelles il est rémunéré
0.6 heures à s'instruire
3.6 heures à accomplir des taches non-rémunérées (comme tout ce qui a trait à la routine domestique: repas, ménage, lavage, courses)
8.1 heures à dormir
1.1 heures à manger
2.7 heures devant la télévision
0.4 heure à lire (revues, journaux, magazines)
1.0 heure à faire une activité sportive

source: http://www40.statcan.ca/l01/cst01/famil36a.htm

J'ai toujours été davantage portée vers les lettres. Les chiffres me semblent trop homogénéisants. Voilà la vie humaine résumée à 8 activité, répétitives et redondantes autant dans les proportions du temps consacré que dans la séquence.

À l'intérieur de ce cadre si universel, peut-on réellement exister différemment? J'aimerais écrire les récits de gens dont le quotidien est complètement décousu, bric-à-brac et off-beat. Je serais curieuse de ce que je pourrais y trouver.

dimanche, mars 23, 2008

Quand tout le monde semble aller quelque part

Aujourd'hui c'était un jour comme ça. Une journée où chacun semble aller quelque part. Les grands congés fériés et les fêtes "traditionnelles" semblent avoir cet effet de mettre les gens en action. Des brunchs, des lunchs, des soupers. De la parenté, des amis, des connaissances. Tout le monde se met en branle. L'ensemble des gens qui m'entourent s'active et je perçois dans la simultanéité des déplacements comme un effet collectif de déplacement d'air.

Ce qui peut sembler, à prime abord, seulement aérien est en fait la représentation de nos co-existences qui se déroulent en parallèle, avec des différences et des similitudes. Et dont les imperceptibles frôlements créent des courants d'air qui nous renvoient l'image de notre existence, à travers celles des autres.

Complexité relationnelle actuelle

Avec Facebook, on arrive à avoir un aperçu en temps réel de l'évolution de la vie personnelle des gens qu'on connaît de près ou de loin. Par avoir vu plusieurs personnes de mon entourage passer tour à tour du statut de "single" à "in a relationship" et vice-versa, ce qui m'a le plus surpris c'est la récurrence des statuts très post-modernes tel "it's complicated" et "in an open relationship". Je n'étais pas sans savoir que les relations interpersonnelles étaient aujourd'hui plus floues et mouvantes que jamais dans leur réalité vécue, mais là on tombe carrément dans une représentation très assumée de la complexité relationnelle. Si les gens se mettent à vivre de telles relations et à s'en "vanter" ouvertement, est-ce signe que nous continuerons tous dans cette voie? Et si c'est le cas, où cela nous mènera-t-il? J'ai l'impression que tout le monde est devenu à ce point égoïste et narcissique, que les seules relations durables et satisfaisantes que l'on peut envisager sont celles que l'on entretient avec nous-mêmes. Tout ce qui sort de ce cadre demandant trop d'efforts...Efforts que nous sommes de moins en moins prêts à faire.

jeudi, mars 20, 2008

Ces gens qui ont un impact sur nos vies

Je repense à des profs, à des parents d'amis, à des connaissances, à des gens rencontrés l'espace d'une soirée ou à des amis de longue date qui, à un moment donné, posent sur nous un certain regard, émettent une recommandation, énoncent une banalité dont l’impact sur notre existence sera inversement proportionnel au cérémoniel de la situation.

Est-ce avec le recul que nous arrivons à identifier les moments charnières qui font dévier invariablement le cours de notre existence ou est-il possible de percevoir à l’instant même où cela se produit, l’infime vibration qui se réverbéra ensuite sur plusieurs années notre vie?

mardi, mars 18, 2008

More than a "I guess you'll do"


http://view.break.com/471776 - Watch more free videos

Ce clip est fait avec une simplicité désarmante et le propos est servi avec un ton si "matter of fact" qu'on a l'impression d'assister à un documentaire sur l'espèce humaine et ses interactions les plus communes.

Est-ce que ce genre de dénonciation mène quelque part. Est-ce que les individus, en visionnant ce vidéo, se mettront soudainement à vouloir faire les choses autrement? Je ne crois pas. Mais l'exercice est rigolo et il a le mérite d'être d'une franchise exempte de toute fioritures.

Je continue à croire qu'il y a plus...Reste plus qu'à le trouver : )

dimanche, mars 16, 2008

Envie de grands moments littéraires

D'aussi longtemps que je me souvienne, on m’avait prédit un avenir de grande lectrice. Première enfant de toutes mes familles, j’ai reçu en cadeau, en lègue ou en don plusieurs types de livres et de romans depuis ma plus tendre enfance et ce qui semblait aller de soi est rapidement devenu une précieuse passion. Je me souviens d’ailleurs d’un enregistrement de moi à l’âge de 4 ans, faisant la lecture très formellement et à l’oreille, du livre du « Vilain petit canard » qui se cognait durement la tête contre le canard en bois… Avant même de savoir lire, je raffolais des histoires et des récits.

Au fil des ans, j’ai exploré plusieurs styles, j’ai eu des amis qui m’ont fait découvrir des auteurs fabuleux, des professeurs qui ont levé le voile sur tout ce qu’on pouvait entrevoir entre les lignes d’un texte et des coups de cœur spontanés pour des ouvrages aux couvertures inspirantes qui m’ont profondément marquée. Je dis souvent à la blague, que ce qui me permet de me sentir chez moi, lors d’un récent aménagement, c’est de voir tous mes livres confortablement installés sur les bibliothèques. Ils ont à ce point structuré ma vie, que leurs couvertures renferment bien plus que des histoires, comme en témoignent les innombrables réflexions laissées en marge et qui me rappellent mes états d’âme et mes questionnements. Les livres que j’ai aimé me suivent encore aujourd’hui et il arrive souvent que surgissent dans mon esprit, des extraits et des passages opportuns et je souris toute seule, de ses fugaces bonheurs littéraires.

En ce moment, je suis dû pour commencer un bon roman, un livre marquant et juste à point. Ma vie est rythmée par mes découvertes et mes attirances qui me mènent toujours vers le bon auteur, le bon point de vue, le sujet d’à propos au moment où j’en ai besoin. Dès que je mets la main dessus, je vous partage le titre, parce que les bons livres font les meilleures épidémies : )